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icone du toucanEtude de l'Onoré agami


  L'Onoré agami est un superbe héron. Son dos vert bouteille, son cou et ventre marron, sa gorge blanche, sa tête noire et, surtout, son long bec jaune d'une quinzaine de centimètres permettent de facilement l'identifier. En Guyane, il se rencontre sur les bords des criques forestières. Oiseau toujours solitaire et très discret, son observation reste très fugace. Autre point mystérieux pour un oiseau omniprésent en Amérique du Sud et centrale, on n'a découvert que très peu de colonies nicheuses et celles connues ne comptent que très peu de nids (3 à 15 couples).

Etude de l’Onoré Agami
Photo 1. Onoré agami © Gépog.

Autant dire qu'en 2002, quand l'Institut de recherche pour le développement (IRD) découvre en Guyane une colonie de plus de 2 000 couples, se fut un sacré coup de tonnerre dans le ciel de l'ornithologie néotropicale. Avec cette découverte inouïe, notre département devient le fer de lance pour la conservation et l'étude de cette espèce. Ce site exceptionnel, appelé « mare aux Caïmans », se trouve dans la savane Angélique des marais de Kaw.
Depuis l'estuaire de l'Amazone jusqu'à la presqu'île de Cayenne, un ensemble d'importantes zones humides occupe en arrière-mangrove des dépressions formées au sein de dépôts alluvionnaires marins d'origine amazonienne. Les très rares zones d'eau libre (les mares), qui correspondent à des déchirures permanentes au sein de cet immense marais recouvert d'une végétation herbacée flottante, constituent une mosaïque d'écosystèmes. Contrairement aux autres mares, la mare aux Caïmans présente la très grande originalité de se situer sur un ancien cordon dunaire qui a permis le développement d'une forêt marécageuse dense.

Etude de l’Onoré Agami
Photo 2. Vue de la mare aux Caïmans © Sylvain Uriot.

Totalement inaccessible par voies terrestres, ce site exceptionnel, vierge de toute perturbation anthropique, héberge une importante population de Caïmans noirs (Melanosuchus niger). De premières investigations ont évalué à plus d'une centaine le nombre d'individus en période sèche, dont les plus âgés dépassent les 5m. Par ailleurs, la plateforme scientifique, installée en 2001, a permis aux ornithologues du GEPOG de constater que l'endroit constitue de loin le site de reproduction le plus important pour plusieurs espèces peu communes : le Râle brunoir (Laterallus melanophaius), l'Hoazin huppé (Opisthocomus hoazin), le Héron cocoi (Ardea cocoi), le Bihoreau gris (Nycticorax nycticorax), la Grande Aigrette (Ardea alba), l'Anhinga d'Amérique (Anhinga anhinga), le Cormoran vigua (Phalacrocorax brasilianus), le Savacou huppé (Cochlearius cochlearius) et, bien sûr, l'Onoré agami (Agamia agami).

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Photo 3. La barge scientifique à l'aube © Sylvain Uriot.

En 2008, les scientifiques du GEPOG, de la Réserve naturelle nationale des marais de Kaw-Roura et de l'Institut méditerranéen d'écologie et de paléoécologie (IMEP) ont réalisé une préétude sur la biologie, l'écologie et le comportement de l'Onoré agami de cette colonie atypique. Au programme, mesures et comptages des oiseaux ou analyse du comportement des jeunes et des parents afin de compléter nos connaissances très fragmentaires sur cette espèce. Les premiers résultats sont très encourageants et constituent les premiers éléments de compréhension des stratégies de reproduction de l'oiseau (fréquence et période de nourrissage des jeunes dans la journée, partage du suivi du nid et de la couvaison par les adultes, etc.).

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Photo 4. Montage de filets japonais © Gépog.

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Photo 5. Mesure d'un Onoré agami © Gépog.

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Photo 6. Poussins d'Onoré agami © Mathieu Luglia.

Cette mission a également permis de définir les protocoles et modes opératoires les plus adaptés pour étudier cette colonie et jeter les bases de projets de recherches plus ambitieux. Ces programmes de recherches ont pour objectif d'acquérir un ensemble de connaissances sur le fonctionnement, les interactions biologiques et la structuration des chaines alimentaires de la mare aux Caïmans, et notamment le rôle joué par les oiseaux coloniaux et les caïmans à l'échelle de la mare et de l'ensemble du marais. Ces programmes ont aussi pour but d'enrichir les connaissances actuellement très fragmentaires sur les espèces et les populations patrimoniales du marais de Kaw-Roura afin de promouvoir auprès des décideurs et du grand public des stratégies visant à une conservation durable des espèces et de leurs habitats pour lesquels la Guyane et la France ont une responsabilité internationale.

Pour en savoir plus, lire Une saison en Guyane n° 2 (février 2009) ou consulter http://sites.google.com/site/mareagami.

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GEPOG - 16 Avenue Pasteur 97 300 Cayenne
France
Téléphone / répondeur : (+33) 05 94 29 46 96

(Attention aux décalages horaires : Cayenne = TU -3h, = Paris -4h en hiver ou -5h en été)

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