logo GEPOG
 Les différents biotopesglobe terrestre
 
 
  1. La forêt.
  2. Les abattis et les lisières.
  3. Les fleuves et les criques.
  4. Les marais.
  5. Les mangroves et les lagunes.
  6. Les savanes et pâturages.
  7. Les villes et les jardins.
  8. La côte.

1. La forêt

Photo de la forêt

 La forêt est d'une importance majeure pour l'avifaune de Guyane puisqu'elle couvre près de 96% du territoire, soit environ 80 000 km2, formant ainsi sur la planète l'un des derniers grands massifs de la forêt tropicale d'un seul tenant. Encore largement préservée, elle n'est exploitée que sur sa bordure nord où elle est traversée par quelques pistes. Plus au sud, les fleuves représentent les seules voies de pénétration.
  Piauhau hurleur par Thierry Nogaro Fourmiler à gorge rousse par Thierry NogaroAvec près de 400 espèces, la diversité de l'avifaune forestière est très grande... Mais les observations ne sont pas toujours aisées en raison de la densité végétale, de la hauteur des arbres, des forts contrastes de lumière et de la discrétion de beaucoup d'oiseaux qui pourtant témoignent souvent d'une faible méfiance envers l'homme.
 Si leur diversité est grande, les oiseaux ne sont pas toujours aussi nombreux qu'on pourrait le penser et la forêt semble par moment bien vide pour qui n'a pas la vue ou l'ouïe exercée.
 Parfois, le sous-bois s'anime soudain avec le passage d'une ronde ou d'une nappe de fourmis légionnaires et de son cortège d'oiseaux. En revanche, où que l'on soit, il est à peu près impossible de manquer le chant du fameux "Païpayo", c'est-à-dire le Piauhau hurleur. Quant à l'apercevoir...c'est une autre affaire tant cet oiseau au plumage terne reste immobile.

Retour en haut de la page


2. Les abattis et lisières

Abatti

Buse à gros bec par Thierry Nogaro Chaque année à la saison sèche, en Guyane, on prépare un abattis, c'est-à-dire une petite parcelle déboisée qui est mise en culture. Les arbres et les arbustes coupés sont laissés sur place, le temps de sécher, puis brûlés pour constituer un lit de cendre sur lequel pousseront du manioc et divers tubercules, des bananiers, des ananas... C'est la technique de la culture sur brûlis.
 Malheureusement, le sol fertile est mince en Guyane, comme dans la plupart des pays tropicaux, et dépasse rarement quelques centimètres d'épaisseur. La couche de cendre et le sol arable sont rapidement emportés par les pluies abondantes. Au bout de 3 ans en général, l'abattis n'est plus rentable, il est alors abandonné et un nouveau défrichement doit être effectué.
 Constituant la transition entre milieux boisés et milieux ouverts, les lisières et les abattis permettent d'observer des espèces appartenant à chacun de ces milieux. Certains oiseaux cependant affectionnent plus spécialement cet habitat.
 Plusieurs de ces oiseaux sont faciles à observer car ils ont l'habitude de se percher en hauteur, sur des branches bien dégagées qui leur servent de poste de guet. Il s'agit en particulier de la Buse blanche, de la Buse à gros bec, du Faucon des chauve-souris, du Barbacou à croupion blanc et du Tyran mélancolique.

Retour en haut de la page


3. Les fleuves et criques

Photo du fleuve Maroni

 Les précipitations abondantes en Guyane, entre 2 et 4 m de pluie par an selon les localités, alimentent de très nombreuses criques et rivières qui se rejoignent pour former quelques puissants cours d'eau. Coulant tous du sud vers le nord pour se jeter dans l'océan Atlantique, les grands fleuves guyanais sont l'Oyapok, l'Approuague, le Kourou, le Sinnamary, la Mana et, le plus grand de tous, le Maroni (cf. cliché ci-dessus pris aux environs de Papaïchton).Hoazin huppé par Thierry Nogaro
 L'ensemble du territoire est ainsi parcouru par un réseau hydrographique dense, très largement utilisé pour la navigation malgré les difficultés liées à l'existence des sauts (rapides plus ou moins importants). Le plus souvent, les cours d'eau constituent les seules voies possibles pour pénétrer en forêt.
 Les grands fleuves peuvent être remontés en pirogue, mais ils n'offrent généralement pas beaucoup d'opportunités pour observer les oiseaux, hormis des hirondelles et quelques rapaces qui volent régulièrement au-dessus de l'eau.
 Les petites rivières au-dessus desquelles les cimes des arbres se rejoignent sont généralement beaucoup plus intéressantes, et elles le sont plus encore lorsque leur éloignement les met à l'abri de la chasse. Sans aucun bruit, il est possible de remonter ou de descendre ces cours d'eau en canoë, afin de surprendre quelques magnifiques oiseaux dont le Râle de Cayenne, les Martins-pêcheurs, l'Hoazin huppé, le Héron agami, le Caurale soleil ou encore le Colibri topaze.

Retour en haut de la page


4. Les marais

Photo du marais de Kaw

 La Guyane abrite sur sa partie nord quelques petits marais côtiers (marais de Yiyi, marais de Coswine, savane Sarcelle...) et à l'est, autour du village de Kaw, une très grande zone marécageuse qui constitue la réserve naturelle des marais de Kaw - Roura dont la superficie avoisine les 100 000 hectares.
 Butor mirasol par Stéphane NoizetCe sont des zones dont on ne peut découvrir généralement qu'une infime partie, aux abords immédiats des cours d'eau navigables... le reste, couvert d'une végétation dense essentiellement constituée de moucou-moucous, est absolument impénétrable. Ces milieux gardent ainsi une grande part de mystère.
 Mystérieuse d'ailleurs est aussi la quasi-absence des canards sur ces marais. On peut certes observer quelques rares Canards musqués, mais c'est à peu près tout ! Le fameux "canard plongeur" dont on entend parler parfois n'est en fait pas un canard mais l'Anhinga d'Amérique.
  Les hérons en revanche sont nombreux dans ces zones marécageuses, et il est fréquent d'y rencontrer les deux plus grandes espèces, le Héron cocoi et la Grande aigrette, ainsi que le tout petit Héron strié. Quant au Butor mirasol, il est plus rarement vu en raison de son camouflage efficace.

Retour en haut de la page


5. Les mangroves et les lagunes

Photo de mangrove

 Les mangroves sont des forêts tropicales très particulières qui poussent dans la zone de balancement des marées ; elles sont donc soumises aux courants marins, à la salinité de l'eau et à l'inconsistance du sol vaseux.Buse buson par Maxime Dechelle
 Dans ces conditions extrêmes, seuls les palétuviers parviennent à s'implanter. Les Palétuviers blancs Avicennia germinans et les Palétuviers gris Laguncularia racemosa constituent les mangroves du front de mer, tandis que les Palétuviers rouges Rhizophora racemosa et R. mangle, reconnaissables à leurs grandes racines échasses, forment les mangroves des estuaires.
 Couvrant, selon les estimations, entre 700 et 1 000 km2 en Guyane, les mangroves sont réparties tout au long de la côte et des estuaires.
 Les mangroves font partie des milieux les plus productifs de la planète et jouent un très grand rôle dans le cycle de reproduction de nombreux poissons et crustacés.
 Elles abritent cependant une avifaune relativement pauvre mais très particulière. Parmi ces espèces caractéristiques, notons l'Ani des palétuviers, ou encore la Buse Buson qui se nourrit exclusivement de crabes.

Retour en haut de la page


6. Les savanes et pâturages

Photo de savane

 Hormis quelques rares savanes incluses au sein du massif forestier et dont l'avifaune a peu été étudiée, les savanes et les pâturages sont tous situés le long de la côte, de Matoury à Mana. Leur superficie couvre quelques dizaines de milliers d'hectares.
 Ces milieux pauvres, à végétation herbacée, sont entrecoupés d'îlots forestiers. Les parties les plus humides sont colonisées par les Palmiers bâches, tandis qu'au contact de la forêt, la végétation se modifie et les palmiers deviennent plus nombreux.Sturnelle militaire par Michel giraud-Audin
 Certaines savanes ont été transformées en pâturages pour l'élevage de bovins ou ovins, mais le cheptel est modeste, se résumant à quelques milliers de têtes de bétail.
 Dans ces milieux ouverts, les rapaces sont faciles à observer. Parmi eux, le Caracara à tête jaune est commun. Encore plus répandus, l'Urubu à tête rouge et l'Urubu à tête jaune planent inlassablement au-dessus des savanes.
 Les petits granivores comme les sporophiles et le Jacarani noir sont assez communs, trouvant là les minuscules graines dont ils se nourrissent.
 Près des vaches et des zébus, on a toutes les chances de rencontrer des Hérons garde-boeufs ou des Vachers luisants qui suivent le bétail pour capturer les insectes mis en fuite par ces gros mammifères.
 Mais les oiseaux les plus connus de ces milieux sont probablement l'Ani à bec lisse qui a parfaitement su s'adapter aux zones en friche des villes et des villages et la Sturnelle militaire qui est sans aucun doute le plus beau passereau de ces milieux.

Retour en haut de la page


7. Les villes et jardins

Photo de la place des palmistes

 En 2007, la population de Guyane est de 200 000 habitants, soit un peu plus de 2 hab./km2. La population est cependant concentrée le long du littoral où l'on trouve les seules villes d'importance : Cayenne et son agglomération qui rassemble plus de 50% de la population guyanaise, Kourou et Saint-Laurent-du-Maroni dont les populations avoisinent les 20 000 habitants.Quiscale merle par Michel giraud-Audin
 Les villes de Guyane sont de surcroît riches en jardins et accueillent de ce fait une avifaune diversifiée. Ces oiseaux sont originaires de milieux naturels variés mais ils ont en commun la faculté de s'adapter à l'Homme, à ses constructions ou à la nature qu'il a recréée autour de ses habitations. Certains proviennent de la savane (Moqueur des savanes...), d'autres de la mangrove (Quiscale merle...) d'autres encore de la forêt (Chouette à lunettes, Pic passerin...). Il n'est pas rare même d'y rencontrer différentes espèces d'amazones.
 La colonisation des villes par les oiseaux est parfois un phénomène récent : le Quiscale merle, par exemple, n'a fait son apparition à Cayenne qu'à partir de la fin des années 1980, tandis que le Moineau domestique, originaire d'Europe, a été aperçu pour la première fois à Kourou en 2002. Depuis cette date, sa population ne cesse de s'étendre dans la ville spatiale.

Retour en haut de la page


8. La côte

Photo des kiosques de Cayenne

 La côte guyanaise, délimitée à l'ouest par l'estuaire du Maroni et à l'est par celui de l'Oyapok, s'étend sur près de 300 km. Elle est unique au monde en raison de l'influence exercée par le tout puissant fleuve Amazone qui déverse ses alluvions quelques centaines de kilomètres plus à l'est dans l'océan Atlantique. Le littoral est qualifié de "dynamique" car il évolue rapidement et sans cesse au gré de l'érosion ou, au contraire, des dépôts de sédiments.
 Sauvage et difficle d'accès, le front de mer est le lieu de confrontation directe entre la mangrove et l'océan.Les îles du Salut: île St Joseph
 Ce n'est qu'en de rares endroits qu'apparaissent des plages de sables (les Hattes à Awala-Yalimapo, les plages de Rémire-Montjoly sur l'Ile de Cayenne) ou des affleurements rocheux (pointe des Roches à Kourou, Ile de Cayenne, les îles, notament les îles du Salut - voir photo ci-contre). Les seuls autres accès à la mer sont les fleuves, mais il est rarement possible d'accoster.
atterrissage de bécasseau semi-palmé La côte est avant tout l'occasion d'observer des concentrations très importantes de limicoles. Ces oiseaux migrateurs atteignent leurs effectifs maximums le long de la côte guyanaise de septembre à octobre, et, dans une moindre mesure, entre février et avril. Ils sont alors plusieurs centaines de milliers (ci-contre, Bécasseaux semipalmés photographiés en septembre 2005 à Kourou).

Retour en haut de la page

 


  GEPOG - 16 Avenue Pasteur – 97 300 Cayenne
Téléphone / répondeur : (+33) 05 94 29 46 96

(Attention aux décalages horaires : Cayenne = TU -3h, = Paris -4h en hiver ou -5h en été)