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- Début XIXe. Après 20 ans de guerre, la paix est rétablie entre les Boni et les Ndyuka, mais ceux-ci, installés sur la rive surinamienne, imposent aux premiers, installés du côté français, un état de vassalité jusqu'en 1891 en leur interdisant de quitter la région du Lawa ou en limitant leur accès aux produits venant de la côte.
- 20 mai 1802. Bonaparte, premier consul, rétablit l'esclavage. Le premier article de ce décret déclare que « l'esclavage sera maintenu conformément aux lois et règlements antérieurs à 1789. » Ce décret est promulgué en Guyane le 23 mars 1803 par le gouverneur Victor Hugues. Sur la haute Comté, Simon Frossard, un esclave qui aurait marronné depuis plus de 50 ans, constitue sans doute l'un des premiers et des plus important groupes de résistants au retour de l'esclavage. Il est abattu en 1808 à coups de fusil et de sabre. Sévère Hérault, membre de la milice qui l'a vaincu, raconte : « Sa tête fut coupée et apportée à Cayenne où elle a été très longtemps exposée aux regards de tous les nègres comme un épouvantail. »
- 14 janvier 1809 - 8 novembre 1817. Les Portugais, venant du Brésil, occupent la Guyane en représailles à l'invasion du Portugal par les troupes de l'empereur Napoléon 1er en novembre 1807.
- 1819. Le gouverneur de l'île de Bourbon, voulant diversifier l'agriculture dans sa colonie, envoie des missions dans toutes les parties du monde pour rapporter de nouvelles plantes. Le commandant Pierre-Henri Philibert, un Créole réunionnais, et le botaniste Perrotet font escale à Cayenne. Le marin demande alors la permission au gouverneur d'emporter quelques centaines de pieds de vanille ( Vanilla fragrans ) mais « la Guyane étant peu cultivée, [il n'a pu s]' en procurer autant [qu'il l'aurait] désiré ». D'abord utilisée pour l'agrément des jardins, cette plante révolutionne l'économie de l'île après 1841, lorsque Edmond Albius, un esclave âgé 12 ans, découvre par hasard le secret de la pollinisation artificielle. L'exportation guyanaise, elle, n'a jamais dépassé 1 500 kg (en 1898).
- 1820 - 1840. Alors en relation avec les commerçants porteurs de maladies, la population wayampi passe de 6 000 personnes à un peu plus de 1 000 ; face à cette situation, le gouverneur réglemente l'accès sur l'Oyapock.
- 9 août 1820. Les 27 premiers Chinois débarquent en Guyane. Ils sont installés à Kaw, sur l'habitation L'Hermitage, pour créer une plantation de thé qui ne verra jamais le jour.
- 5 août 1822. Le chef marron Pompée et 6 personnes de son groupe sont capturés en amont du saut Brodel, sur la Comté. Condamné à la peine de mort, il est grâcié en raison de son grand âge et de l'ancienneté des faits qui lui sont reprochés. Il avait fui l'habitation du baron Laussat depuis 1801.
- 1830. La Guyane compte 19 261 esclaves ; c'est le maximum qui sera jamais atteint dans la colonie.
- 1830 - 1840. Une paix solennelle est conclue sur le Jari (Brésil) entre les Wayana et les Wayampi.
- 1831. Fin officielle de la traite (= du commerce et du transport) des esclaves en Guyane, 16 ans après que Talleyrand, ministre des Affaires étrangères représentant la France au Congrès de Vienne, eut signé le 8 février 1815 la déclaration « au sujet de l'abolition de la traite des nègres d'Afrique ou du commerce des esclaves ».
- 1836 - 1846. Anne-Marie Javouhey, fondatrice de la congrégation des soeurs de Saint-Joseph de Cluny, fonde le village de Mana avec 477 Africains arrivés à bord de navires qui s'adonnaient à la traite négrière pourtant interdite. Le premier article de l'arrêté du 18 septembre 1835, qui institue le monopole de la congrégation, déclare en effet : « Les Noirs provenant de saisies par suite de contravention en matière de traite de Noirs qui se trouvent actuellement soit à Cayenne, soit dans d'autres parties du territoire de la Guyane, seront réunis sur les bords de la rivière Mana, aux époques qui seront ci-après indiquées pour y être préparés par le travail et par les bonnes moeurs, à la liberté dont ils doivent bientôt jouir. »
- 1837. La Guyane compte 21 221 habitants, dont 16 140 esclaves... et 368 marrons.
- 10 juin 1848. « Mes amis. Dans quelques semaines l'esclavage va cesser en Guyane. Le 10 août prochain, vous entrerez dans un nouvel ordre social. Vous serez libres. » Ainsi commence la proclamation du commissaire général de la République Pariset annonçant l'abolition définitive de l'esclavage. Le décret avait été voté le 27 avril par la IIe République, sous l'impulsion de Victor Schoelcher (1804-1893). En raison du faible nombre de colons et de leur pauvreté, le marché des esclaves en Guyane n'a jamais connu l'activité de celui des colonies voisines. J. Meyer (2001) estime que 12 à 15 millions d'Africains ont été déportés par les Européens aux Amériques entre le début du XVIe et la deuxième moitié du XIXe siècle. Quant à Serge Mam Lam Fouck (1996), il évalue qu'un peu moins de 19 000 esclaves ont été vendus en Guyane entre 1765 (date à laquelle on comptait 5 728 esclaves sur le territoire) et 1831 (fin officielle de la traite). Mais il ne faut toutefois pas oublier les hommes morts pendant la traversée (environ 13 %) ou dans les captiveries et les razzias en terre africaine. En outre, l'espérance de vie d'un esclave était en moyenne de 4 à 6 ans. La traite et l'esclavage des Amérindiens ont, quant à elles, toujours été plus faibles (on comptait tout au plus une centaine d'esclaves amérindiens au début du XVIIIe siècle) et condamnés par les religieux et les édits royaux.
- 25 juin 1848. Soucieux de « la grande secousse » que leur fait craindre l'abolition proclamée 15 jours plus tôt, 17 propriétaires d'esclaves (en tête desquels Félix Couy) adressent une pétition à Pariset. « Inquiets de voir le Gouvernement du pays rester calme et pour ainsi dire étranger au changement solennel et radical qui aura lieu le 10 août prochain, les chefs des ateliers agricoles d'Approuague se sont réunis à Guisambourg, afin de sauvegarder, s'il est possible, les intérêts de tous en réclamant énergiquement l'assistance de la République pour » entre autres « l'obligation et l'organisation du travail », « réprimer le vagabondage » ou encore « conserver le mécanisme social » .
- 31 mars 1852. La frégate L'Allier quitte Brest ; elle transporte à son bord les 301 premiers bagnards de Guyane. Mais la loi créant officiellement les bagnes de Guyane ne sera votée que le 30 mars 1854, alors que 3 000 condamnés sont déjà dans la colonie.
- 1er semestre 1854. Dans la crique Aïkoupaï (affluent de l'Approuague), le Brésilien Paoline, au service de Félix Couy, trouve une pépite et un peu d'or fin.
- 1856-1877. La Guyane reçoit 8 472 travailleurs indiens, alors la plus importante communauté immigrée. Ils sont affectés sur les placers où les conditions de vie très dures les déciment (en 1885, 54 % sont décédés).
- 1860. Au Liban, entre mars et juillet, des massacres de milliers de maronites par des druzes (de religion musulmane) déclenchent l'émigration de ces chrétiens d'Orient vers les Amériques ; quelques-uns arrivent par hasard en Guyane au lieu du Brésil ou des Etats-Unis comme ils le souhaitaient.
- 1860. Les premiers Saramaka arrivent en Guyane. Ils s'installent principalement à Mana, Guisambourg et Saint-Georges pour vendre leur service de piroguiers aux orpailleurs.
- 29 août 1860. 100 Chinois débarquent en Guyane. Ils avaient été recrutés pour relancer l'économie des plantations mais, en moins d'un demi-siècle, la petite communauté se reconvertit dans le commerce.
- 9 septembre 1861. A la tête de 11 pirogues, le lieutenant de marine Gomez Elisabeth Vidal, chargé de fixer les frontières entre la Guyane et le Surinam, quitte Saint-Laurent pour remonter le fleuve frontalier afin de « déterminer laquelle des rivières Lawa ou Tapanahoni doit être considérée comme la tête du Maroni. »
- 14 janvier 1862. Après avoir terrorisé pendant plus d'un an l'Ile de Cayenne par ses vols, violences, guets-apens, viols et meurtres, D'Chimbo est guillotiné à 8h00 du matin sur la place du marché de Cayenne. Arrivé en Guyane en septembre 1858, il faisait partie des 1969 Africains libres engagés entre 1854 et 1859 mais l'Angleterre voit dans cette immigration un nouvel esclavage déguisé et fait pression pour qu'elle cesse rapidement.
- 15 août 1874. Dans le contesté franco-brésilien, la République de Counani est déclarée ; Prosper Chaton, descendant de Créole guyanais, devient le premier président de quelques milliers de « Counaniens ». A la tête d'un groupe d'aventuriers et d'hommes d'affaires, ce consul de France du Pará à la retraite conduit la sécession devant le refus de Paris de développer ce territoire et de lui donner une administration distincte de celle de la Guyane. La découverte de l'or dans la région, un accrochage militaire à Mapá en novembre 1895 (qui fait une quarantaine de morts entre un détachement français et une milice brésilienne) et la résolution du contesté frontalier en 1900 mettent définitivement fin à cette cryptarchie au tournant du siècle.
- 1875. M. Samain extrait pour la première fois, en Guyane, l'huile de bois de rose. 1927 marque l'apogée de cette industrie avec 107 tonnes d'huile exportées et 43 distilleries en activité ; la dernière usine ferme ses portes en 1970, à Régina. En moins d'un siècle d'exploitation, cet arbre a été conduit au bord de l'extinction dans de nombreux pays. Depuis le 9 avril 2001, Aniba rosaeodora est intégralement protégé en France.
- 12 juillet 1877. Le médecin de marine Jules Crevaux part de Saint-Laurent afin de « remonter le fleuve Maroni jusqu'à sa source pour arriver à une chaîne de montagnes : les monts Tumuc-Humac, où les anciens géographes plaçaient le pays légendaire de l'Eldorado. » Ses témoignages ethnologiques sur les Amérindiens et les Noirs Marrons font toujours autorité.
- 1881. Henri-Anatole Coudreau est nommé professeur d'histoire au collège de Cayenne. Pour ce passionné d'expéditions scientifiques, la Guyane devient dès lors son champ d'exploration. Se limitant dans un premier temps à la côte (Kourou, Iracoubo), une première mission le conduit, de 1883 à 1885, à travers les territoires contestés (Counani), puis sur l'Amazone, le Rio Negro et le Rio Branco. Puis, accompagné d'Apatou, le ministère de l'Instruction publique l'envoie de 1887 à 1889 sur le Maroni, l'Oyapok et dans les Tumuc-Humac. Enfin, de 1889 à 1891, il visite, toujours avec Apatou, les hauts affluents de l'Oyapok et du Jari et toute la Guyane centrale. Il meurt dans l'Etat du Pará, le 6 mai 1899, à l'âge de 40 ans.
- 1882. Selon Coudreau, « Apatou, honoré d'une médaille d'or de la Société de Géographie, d'une médaille d'honneur pour belles actions, décernée par le Ministre de l'Intérieur, ayant la promesse d'une concession territoriale à titre de récompense nationale, promesse accomplie en 1885, Apatou, sentant qu'il était devenu trop grand personnage pour retourner vivre au milieu de ses frères encore sauvages, résolut de se fixer dans le Bas Maroni, à la portée des civilisés. » Il y fonde le village qui porte son nom et qui compte, en 1887, « vingt cases habitées et environ quatre-vingt habitants. »
- Juillet 1882. Dans la série des « exhibitions ethnographiques » que propose le Jardin d'acclimatation, 15 Kali'na d'une même famille (de Sinnamary et Iracoubo), logés dans des carbets édifiés sur la grande pelouse, sont présentés pendant trois mois aux Parisiens. En 1892, ce sont 32 Amérindiens Kali'na et Arawak qui sont présentés à la curiosité des Parisiens. La fin de ce dernier séjour, effectué en hiver, se termine par l'hospitalisation de plusieurs personnes et la mort de deux Amérindiens.
- 26 décembre 1884. Naissance à Cayenne de Félix Adolphe Sylvestre Eboué.
- 1885. Atipa, roman guyanais, ouvrage publié à Paris, aux éditions Auguste Ghio, sous le pseudonyme d'Alfred Parépou, constitue le premier texte littéraire en créole guyanais. Le héros éponyme, un orpailleur en repos à Cayenne, confie à un ami : « J'ai vu les nids de toutes sortes d'oiseaux, sauf ceux des corbeaux et des alouettes que je n'ai jamais pu voir. » 123 ans plus tard, aucune observation de nid d'Urubu noir (« corbeau ») n'a encore été faite en Guyane et l'on sait aujourd'hui que les limicoles (« alouettes ») nichent dans le Grand Nord canadien.
- 25 mai 1891. « Nous déclarons que l'Awa doit être considéré comme fleuve limite devant servir de frontière entre les deux possessions. En vertu de cette décision arbitrale, le territoire en amont des rivières Awa et Tapanahoni doit appartenir désormais à la Hollande ». Cet arbitrage d'Alexandre III de Russie ne satisfait pourtant personne et près de 6 000 km² sont toujours revendiqués par les deux pays. Le Surinam revendique la Marouini alors que la France étend ses frontières jusqu'à l'Itani.
- 1894 - 1915. Une concession d'exploitation de guano et de roches phosphatées est accordée à une compagnie américaine sur l'île du Grand Connétable (d'abord James Swann & Cie puis la Grand-Connétable Compagny ). En près de 20 ans, la dynamite et la pioche chassent les oiseaux et transforment l'aspect arrondi de l'îlet de 2,5 ha en piton tabulaire culminant à une cinquantaine de mètres.
- 12 mars 1895. Le capitaine Dreyfus, reconnu coupable de haute trahison, est débarqué sur l'île Royale puis transféré sur l'île du Diable le 13 avril. Il y reste jusqu'au 9 juin 1899 dans des conditions de réclusion totale. Il n'est réhabilité qu'en 1906 et meurt en 1935 à l'âge de 76 ans.
- 2 janvier 1897. Naissance à Cayenne de Gaston Monnerville.
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