Vous etes iciObservation des oiseaux / Sur le terrain

Sur le terrain


  Nous voudrions dans cette rubrique vous faire profiter de l'expérience acquise au cours de nos balades pour vous adresser ces quelques recommandations.

Respect de l'environnement

 

 

déchargeLa Guyane est pourvue d'une nature généreuse et d'une remarquable biodiversité. Plus de 720 espèces d'oiseaux (et la liste s'allonge chaque année) peuplent notre région mais les milieux naturels sont fragiles. Il est donc nécessaire d'adopter une attitude responsable. La chasse à outrance en certains endroits ou à l’encontre de certaines espèces, les décharges sauvages qui souillent notre territoire sont déjà de bien grands fléaux. En conséquence, il est impératif de :
- ne pas laisser ses déchets derrière soi mais de prévoir un sac plastique pour les ramener ;
- déranger le moins possible la faune. La discrétion est de mise non seulement pour ne pas perturber les animaux qui sont vos hôtes mais aussi pour augmenter vos chances d’observations. La forêt est dense et les oiseaux n'ont pas de mal à se soustraire à vos regards si votre approche est bruyante ;
- ne pas jouer inconsidérément de la machette. Seul un arbre tombé en travers d'une piste ou d'un layon peut, à l'occasion, vous amener à sortir votre lame. Sur les sentiers très fréquentés, comme ceux de Saül, de Cayenne ou de la montagne des Singes, beaucoup trop d'arbres portent les traces des "Indiana Jones" du dimanche ; ces blessures sont des portes d'entrée pour les infections de toutes sortes et l'utilisation de la machette est source de nombreux accidents pour les citadins maladroits...
- limiter au maximum, voire s'interdire, les prélèvements végétaux et animaux et respecter la législation en vigueur.

 

 

Equipement

En ce qui concerne les vêtements et chaussures, il est préférable d'opter pour des chaussures de marche (type pataugas), des chemises en coton à manche longue et un pantalon lui aussi en coton. Un vêtement de pluie à portée de main peut ne pas se révéler inutile à l'occasion.

Sortie

Pour se protéger du soleil, mieux vaut se munir d'un couvre-chef et d'une crème solaire pour ceux qui ont la peau fragile (particulièrement en pirogue). Dans le même ordre d'idée, une bouteille d'eau est indispensable.
Une lotion antimoustique peut aussi être utile en certains endroits. Si ces charmantes bestioles sévissent peu en forêt, en revanche dans les mangroves, elles sont légion et peuvent vous faire perdre rapidement le plaisir de l'observation. Pas facile de tenir ses jumelles d'une main et d'écraser les moustiques de l'autre !
Les jumelles (8 x 40 ou 10 x 40) sont indispensables. Il faut les choisir les plus lumineuses possibles, surtout en forêt où la luminosité est souvent faible. Une longue-vue peut être utile sur le littoral. En forêt, son utilité est moindre. Si on se contente de suivre une piste en voiture, on peut avoir l'occasion de s'en servir mais lors d'une randonnée en sous-bois, elle est trop encombrante et les chances de l'utiliser risquent d'être fort limitées.

 

 

Prudence

Grage
Grage grands-carreaux, Lachesis muta

Au-delà des effrayantes images d'Epinal d'un autre temps, quelques rappels élémentaires de prudence s'imposent.
GrageUne centaine d'espèces de serpents existe en Guyane. La grande majorité (plus des trois quarts) quoique parfois impressionnante, est parfaitement inoffensive. Seules 8 espèces sont considérées comme venimeuses et dangereuses (dont les serpents-lianes Oxybelis) et 12 capables d'infliger une morsure potentiellement fatale (dont les serpents-corail Micrurus, les grages Bothrops et Lachesis et le serpent à sonnette Crotalus durissus). La plupart du temps, vous ne verrez même pas l'animal car il se sera enfui à votre approche ou sera resté parfaitement immobile et indifférent à votre passage. Si d'aventure il vous arrivait d'en rencontrer un, le mieux est de lui laisser le champ libre pour qu'il puisse se sauver. Vouloir le toucher ou lui barrer le passage est le meilleur moyen de le rendre agressif et de le forcer à vous mordre (et même si elle n'est pas venimeuse, sa morsure peut être douloureuse). Contentez-vous de l'observer ou de le photographier sans vous mettre en travers de son chemin. Et rassurez-vous : si l'on déplore entre 5 et 10 morts par morsure de vipère en France métropolitaine chaque année, on n'a dénombré, en Guyane, que trois décès par morsure d'Ophidien entre 1977 et 2000 (Marty C., Animaux venimeux de Guyane, 2002).

En outre, une analyse rétrospective des appels au SAMU de Guyane, entre 1998 et 2001, a montré que moins de 1 % des appels concernait des agressions par la faune. La gravité de leur blessure a été jugée suffisante pour qu’un SMUR prenne en charge 69 de ces 666 victimes. Trente cinq relevaient d’une envenimation ophidienne, 24 avaient été piquées par des hyménoptères volants et 5 par des scorpions (Mimeau E. & Chesneau P., Médecine tropicale n° 66, 2006).

Les principaux dangers ne viennent donc pas des animaux mais du risque de se perdre et de la chute d'une branche (volis) ou d'un arbre (chablis). Pour ces raisons, ne quittez pas les layons et faites attention lorsque vous devez contourner un chablis ou vous éloigner pour des besoins physiologiques. Par ailleurs, à votre départ, avertissez votre entourage de votre trajet et de l'heure ou de la date prévue de votre retour.
La nuit tombe entre 18h30 et 19h00 toute l'année. Prévoyez toujours le délai nécessaire pour rentrer avant la nuit noire et munissez-vous d'une montre et d'une lampe électrique. Enfin, si vous n'êtes pas un habitué de la forêt guyanaise, utilisez les services d'un guide professionnel ou d'une personne compétente.

 

 

Conditions d'observation

Les oiseaux sont particulièrement actifs au lever et au coucher du soleil. En règle générale, les horaires les plus favorables pour les observer sont 6h30 – 9h30 et 16h30 – 18h30. L'avenir ornithologique appartient donc bien à ceux qui se lèvent tôt.

Pénélope marail
Saurez-vous trouver la Pénélope marail ?

Le guide de terrain le plus utile est le Birds of Venezuela (Hilty, 2003). En dehors d'une trentaine d'espèces, la plupart des oiseaux de Guyane y est présentée. Vous pouvez télécharger la traduction des planches et la sélection des espèces guyanaises afin d'éviter de perdre du temps sur le terrain : version de 1978 ou version de 2003. Les ouvrages Portraits d'oiseaux guyanais (GEPOG, 2003) et Oiseaux de Guyane (Tostain et alii, 1992) ne sont pas des guides de terrain mais peuvent apporter de précieuses indications complémentaires sur la biologie des oiseaux. Enfin, pour les limicoles, il est préférable de se munir d'un guide des oiseaux d'Amérique du Nord.
grimparBien souvent, la durée d'une observation, surtout en milieu forestier, est très courte. Certaines espèces comme les colibris ou les oiseaux des rondes sont très mobiles et difficiles à repérer dans les jumelles. En outre, certaines familles comme les Furnariidae (sittines et anabates), les Dendrocolaptidae (grimpars), les Thamnophilidae (bataras, alapis, fourmiliers...) ou les Tyrannidae (tyrans, moucherolles…) sont d’identification délicate. Il faut donc, si l'on veut identifier avec certitude l'oiseau que l'on vient d'apercevoir, s'entraîner à mémoriser un maximum de critères d'identification précis en un minimum de temps (vous pouvez télécharger ici la fiche méthodologique). Enfin, comme les observations sont souvent très fugaces, il est indispensable de bien maîtriser l'utilisation de ses jumelles pour rapidement pointer l'animal.
Rassurez-vous toutefois, hormis ces cas extrêmes, on arrive à identifier un très grand nombre d'oiseaux sans problème et le nombre d'espèces observées lors d'un séjour ornithologique en Guyane est souvent impressionnant.

Encore un détail : si vous faites des observations, ayez la gentillesse de nous les transmettre pour compléter notre base de données. Merci d'avance. Bonnes balades, bonnes observations et restez prudents.