Nidification de la Harpie

Vous l'aurez remarqué : la Harpie féroce Harpya harpyja est l'emblème du GEPOG. Sa taille imposante, sa stature fière, la puissance de ses serres et la difficulté à l'observer en font un oiseau mythique pour beaucoup d'ornithologues.

 

  © Maxime Dechelle/GEPOG

© Frédéric Royer

Avec son cousin guyanais la Harpie huppée Morphnus guianensis, c'est un proche parent des aigles.

                  Ordre : Accipitriformes

                                   Famille : Accipitridae

                                                     Sous-famille : Accipitrinae

Nom scientifique : Harpia harpyja (Linnaeus, 1758)

Nom français : Harpie féroce

Nom anglais : Harpy Eagle

Créole guyanais : Grozèg

 

  • Distribution

La Harpie féroce se rencontre dans une grande partie de l'Amérique du Sud, du Venezuela au sud du Brésil, et plus localement en Amérique centrale (http://www.hbw.com/species/harpy-eagle-harpia-harpyja). Elle est toutefois menacée dans la plupart des pays par la déforestation et les persécutions dont elle fait parfois l'objet. L'UICN la classe en catégorie NT ("near-threatened", quasi menacée). Cela ne semble pas être le cas pour l'heure en Guyane, où elle est relativement commune et répartie dans tout le bloc forestier, jusque sur ses marges.

 

Observations de Harpies féroces (© Faune-Guyane/GEPOG, données enregistrées au 13/05/2015).

 

C'est une espèce forestière discrète, qui ne plane jamais au-dessus de la canopée mais que l'on peut voir par chance perchée sur un arbre sur une lisière, au bord d'une route ou le long d'une rivière. Comme tous les grands prédateurs, la densité de population est naturellement faible : environ 1 à 4 couples / 100 km² selon les études et les régions. Selon Thiollay (2007), la Guyane abriterait environ 400 couples, mais cette valeur nous parait aujourd'hui sous-estimée et mériterait en tout cas d'être réévaluée.

 

  • Alimentation

La Harpie féroce se nourrit principalement de mammifères arboricoles (paresseux, singes…) qu'elle capture à l'aide de ses serres d'une taille exceptionnelle. On l'a vue ramener à l'aire un tamandua, des iguanes… Sans être le plus grand, même si la femelle peut être impressionnante (le mâle est sensiblement plus petit), c'est incontestablement le plus puissant des rapaces.

 

Harpie transportant un tamarin (photo © Guillaume Platt, avril 2012).

 

  • Reproduction

La reproduction de la Harpie a été étudiée dans plusieurs pays, notamment au Panama, mais beaucoup d'inconnues demeurent. Elle se reproduit à l'âge de 5 ans au minimum, à raison d'une nidification tous les 2 à 3 ans seulement. La ponte se compose de deux œufs mais si les deux éclosent (après deux mois d'incubation) un seul petit survit. La compétition entre les deux poussins est en effet fatale au cadet. La croissance du jeune est extrêmement lente : il ne quitte le nid qu'à l'âge de 4 à 6 mois et est encore nourri par les parents pendant plusieurs mois, restant sur le territoire parental durant plus de deux ans (Muñiz-López et al. 2012).

Les prémices de la nidification, la phase d'émancipation et de dispersion du jeune, ainsi que les comportements hors reproduction, présentent encore de nombreuses zones d'ombre.

 

Immature (photo © Jeff Viard/GEPOG).

 

Voyez d'autres photos de Harpie féroce dans la photothèque du GEPOG.

 

  • Pour en savoir plus

- Global Raptor Information Network (The Peregrine Fund) : http://globalraptors.org/grin/SpeciesResults.asp?specID=8040

- Neotropical Birds Online (Cornell Lab of Ornithology) : http://neotropical.birds.cornell.edu/portal/1048?p_p_spp=20613

- Aves de Rapina Brasil : http://www.avesderapinabrasil.com/harpia_harpyja.htm

- Wikiaves (Brésil) : http://www.wikiaves.com.br/gaviao-real