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Les noms des oiseaux de Guyane en 20 langues (ou presque...)


INTRODUCTION
 Présentation
Ces pages poursuivent le travail initié dans Portraits d'oiseaux guyanais (GEPOG, éditions Ibis rouge, 2003), qui ne traitait que quelques langues régionales et seulement 156 espèces d'oiseaux de Guyane. Cette synthèse repose quasi uniquement sur la bibliographie que nous avons consultée (les chiffres entre parenthèses signalent les principales sources mentionnées dans l'onglet « Bibliographie »), ce qui explique que de très nombreuses espèces et plusieurs langues ne soient pas ou que très peu renseignées. Une cellule vide n'implique donc pas forcément que l'oiseau n'a pas de nom dans une langue locale ; cette lacune souligne le plus souvent une absence d'information.
En dehors de quelques exceptions (pas signalées), la séquence, la nomenclature et l'orthographe des noms français et latins suivent la liste de Portraits d'oiseaux guyanais (GEPOG, 2003). Cette liste et ces noms s'éloignent parfois de la liste mise à jour par le Comité d'homologation de Guyane.

La Guyane, un territoire polyglotte
Après la Nouvelle-Calédonie, la Guyane est le plus polyglotte des territoires français. Une trentaine de langues sont en effet parlées entre le Maroni et l'Oyapock mais toutes n'ont pas le statut de langues régionales (comme l'anglais des Guyaniens, l'espagnol des Sud-américains, l'arabe des Libanais ou le hakka des Chinois par exemple). Une douzaine de langues présentent les caractéristiques des langues régionales : citoyenneté (elles sont parlées par des citoyens français) et territorialisation (elles sont parlées dans des zones identifiables du territoire français). Sont concernés le créole guyanais, six langues amérindiennes (kali'na, lokono [= arawak] palikur, teko [= émérillon], wayampi, wayana), trois créoles noirs marrons ou businenge (aluku, ndyuka, saamaka) et le hmong. Mais la dynamique sociale et démographique permet(tra) sans doute d'ajouter à cette liste le brésilien, à Saint-Georges, et le sranan-tongo, à Saint-Laurent-du-Maroni. Pour plus d'informations sur les langues régionales de Guyane, consultez, Les Langues de France, publié sous la direction de Bernard Cerquiglini en mars 2003 aux PUF, ou encore http://celia.cnrs.fr/FichExt/Am/A_26-27_00.htm .

Deux cas particuliers
Nous avons adjoint deux langues qui ne sont pas parlées en Guyane : le guarani car bon nombre de noms d'oiseaux proviennent de cette langue (guira, ibijau, pirangua, sai, toucan...) et le khreyol pour son usage méconnu.
Utilisé dans l'État du Paraná (sud du Brésil), au nord de l'Argentine, au sud de la Bolivie et surtout au Paraguay où il a le statut de langue officielle au côté de l'espagnol, le guarani présente un paradoxe assez unique car les locuteurs d'origine guarani ne sont que quelques milliers mais leur langue, utilisée aux XVIe et XVIIe siècles comme « langue générale » par les colons pour communiquer avec les différentes populations amérindiennes, est de nos jours parlée par des millions de personnes. Les noms d'oiseaux présentent donc de nombreuses variantes locales qui ne sont pas présentées ici.
Le khreyol (aussi appelé "patois" ou "patoá", la terminologie et l'orthographe sont très variables) est la langue maternelle de deux populations amérindiennes résidant au Brésil dans la région d'Oiapoque : les Karipuna (soit quelque 2 000 personnes localisées sur les bords du rio Curipí) et les Galibí-Marworno (plus de 2 000 personnes rassemblées autour du village de Kumarumã, sur les bords du rio Uaçá). Héritage de la période où l'Amapà était "français" (jusqu'à ce que le Conseil fédéral suisse mette fin au contesté franco-brésilien le 1er décembre 1900), ce créole proche du créole guyanais faisait office de « langue générale » entre les différentes populations de la région.

La transcription des noms
Les mots composant les listes des langues régionales ont été collectés à différentes époques, dans différents pays, par différentes personnes et avec différents protocoles scientifiques. Cette diversité explique les variantes, pas toujours mentionnées cependant, pour un même oiseau (par exemple Tavara / Tapalá en palikur pour Ceryle torquata, Suwi / Suwikũ'ĩ en wayãpi pour Crypturellus soui) ou les différents codes de transcription (par exemple, en kali'na, certains auteurs utilisent le r où d'autres utilisent la lettre l). Seules les graphies des langues nationales et du créole guyanais ont été uniformisées. Nous nous sommes seulement permis, dans les langues amérindiennes, businenge et créoles, de généraliser le trait d'union utilisé par certains auteurs pour relier les différents éléments des noms composés. Par ailleurs, nous avons de notre propre initiative simplifié les graphies lorsqu'elles faisaient appel à des lettres ou des signes diacritiques impossibles à reproduire ou inconnus du grand public (par exemple, en wayãpi, le o ouvert est remplacé par o, ε par e.

La mention sp. signifie que l'espèce précise est inconnue ; par exemple en wayampi, Iwitilao s'applique à l'un des trois oiseaux du genre Myrmeciza de Guyane mais l'auteur n'a su identifier l'espèce exacte. Lorsque le nom de l'oiseau est incertain, il est suivi de (?).

Cherchez l'erreur...
Les auteurs des ouvrages consultés sont rarement à la fois ornithologues, linguistes et locuteurs de la langue retranscrite. Aussi, entre le vocabulaire utilisé dans les villages et celui consultable dans les listes suivantes, une longue chaine d'erreurs possibles a pu apparaitre. Ce travail ne demande donc qu'à être complété mais aussi corrigé. Envoyez-nous vos remarques et contributions au GEPOG.

 

Carte des langues régionales de Guyane
Répartition des langues de Guyane © www.archivesaudiovisuelles.fr.

Remerciements
Pour élaborer cette liste, encore bien incomplète, nous avons consulté les ouvrages de la bibliothèque du campus agronomique de Kourou, et, à Cayenne, de la bibliothèque Franconie, celle du CASNAV, du CRDP, de l'IRD, de l'IUFM, du MCG et enfin de l'UAG. À Villejuif, la bibliothèque du CÉLIA a fourni des ouvrages utiles. Au Suriname, les bibliothèques de l'université de Paramaribo et du Stichting Surinaams Museum et, au Guyana, le Walter Roth Museum of Anthropology ainsi que la bibliothèque universitaire de Georgetown ont fourni quelques ouvrages de référence. Enfin, au Brésil, le modeste centre de documentation du Museu Kuahí d'Oiapoque, la bibliothèque du Núcleo de Altos Estudios Amazónicos de l'université fédérale de Belém ainsi que celle du musée Goeldi ont permis de compléter notre travail. Nous tenons particulièrement à remercier les personnels de tous ces centres de documentation pour leur disponibilité et pour nous avoir facilité la tâche dans nos recherches. Merci, gaan tangi, dank u wel, thank you, obrigado.
Les noms palikur viennent en partie de la liste gracieusement donnée par MM. Alexandre BATISTA et Michel LAUNEY.
Gracias a el señor Hugo DEL CASTILLO por haber dado tan amablemente sua lista de los nombres guaranis. M. Johan INGELS, par sa relecture rapide et efficace, a bien voulu corriger les noms néerlandais. M. Didier MAUREL, conseiller pédagogique en langues amérindiennes à l'IUFM de Cayenne, a aimablement fourni une grande partie des noms teko.

Bibliographie

    Les traductions sont présentées avec la liste en latin et français au format "xls" (format à la fois léger et permettant d'afficher des caractères très spéciaux)