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STOC


Le STOC (Suivi Temporel des Oiseaux Communs) est une étude scientifique menée sur la réserve naturelle régionale Trésor pour étudier la biologie des oiseaux forestiers de Guyane. Mise en place en juin 2007 à l’initiative de bagueurs collaborateurs du CRBPO (Centre de recherche par le baguage des populations d'oiseaux) du Muséum d’histoire naturelle de Paris et menée avec le soutien du GEPOG, elle réunit tous les deux mois une équipe de volontaires sur les lieux de cette étude. Il est prévu dix-huit sessions de baguage sur trois ans afin d’assurer un suivi sur le long terme des populations d’oiseaux de la zone étudiée. L’objectif est de mieux connaître la biologie de ces oiseaux forestiers, notamment leur densité, leurs cycles de reproduction, leurs cycles de mue, leur fidélité au site…. toute une kyrielle d’informations qui, pour beaucoup d’espèces, manquent cruellement. Mieux connaître les oiseaux permet de mieux les protéger et cette étude sur la montagne de Kaw, récemment menacée par des projets miniers, revêt donc une importance particulière !
Le principe consiste donc à capturer les oiseaux à l’aide de filets, les baguer s’ils ne le sont pas, les contrôler s’ils le sont déjà et prendre un certain nombre de mesures avant de les relâcher évidemment.

Une session STOC se déroule sur deux jours pour des raisons de commodité mais la session en elle-même ne dure que 24 heures du samedi midi au dimanche midi.
L’équipe arrive sur les lieux samedi matin et le premier travail est de transporter le matériel sur place. Il faut ensuite monter le camp de base, déployer les bâches en cas de pluie, installer les tables et sortir le petit matériel.

 

Pose de filets

Pas moins de 40 filets de capture sont disposés sur la zoné étudiée, toujours aux mêmes endroits bien répertoriés et numérotés. Il faut attacher les filets à deux perches et les tendre ensuite à l’aide de ficelles aux arbres les plus proches. Chaque filet est numéroté. On laisse au pied un sac avec des jetons portant le numéro du filet. Les jetons seront ensuite placés dans les sacs de capture avec les oiseaux, ce qui permettra de déterminer l’endroit exact de la capture.
Au début de la session (samedi à midi), les filets sont déployés et vont être dès lors inspectés très régulièrement pour éviter qu’un oiseau n’y reste trop longtemps.
Toutes les 30 minutes, quatre équipes de deux ou trois personnes font la tournée des filets pour relever les éventuelles captures.

Démaillage 1 Démaillage 2

Les oiseaux sont dégagés le plus vite possible mais avec douceur et précision pour éviter de stresser davantage l’oiseau. La concentration est de rigueur comme d’ailleurs dans tout le processus de baguage. Les oiseaux sont alors déposés dans des sacs en coton dans l’obscurité pour éviter qu’ils ne paniquent.

File d’attente Tenue de l’oiseau

De retour à la table des bagueurs, au camp de base, les sacs sont suspendus bien en évidence en hauteur pour ne pas qu’ils se perdent ou qu’on leur marche dessus par inadvertance. Dans chaque sac, avec l’oiseau, un jeton portant le numéro du filet dans lequel il a été capturé.
Un à un, les oiseaux sont extraits des sacs et pris en main délicatement. La façon de prendre un oiseau en main ne s’improvise pas. L’oiseau doit être tenu fermement pour ne pas qu’il s’échappe avant la fin des opérations et délicatement pour ne pas lui faire de mal, l’étouffer ou le stresser davantage.
Les oiseaux vont passer ensuite par toute une série d’opérations.
Utilisation de guide Tout d’abord, l’identification qui peut nécessiter le recours à des guides de terrain pour déterminer l’espèce ou comme ici le sexe.
En face du bagueur se tient le secrétaire qui va remplir une fiche pour chaque oiseau capturé ou contrôlé. Chaque espèce dispose d’un code composé des trois premières lettres de son nom scientifique : par exemple, PITALB pour Pithys albifrons (Fourmilier manikup).
Baguage de l’oiseau Si l’oiseau est capturé pour la première fois, il est bagué, c’est-à-dire qu’on va lui placer à la patte une bague aluminium du Muséum national d’histoire naturelle. Cette bague est adaptée a la taille de l’oiseau et ne le gêne pas. Elle comporte un numéro unique qui servira à l’identifier à sa prochaine reprise ou s’il est trouvé mort.
Comme le STOC en est déjà à sa dixième session, il arrive de plus en plus fréquemment que l’oiseau ait déjà été bagué lors d’une session précédente. On parle alors d’un « contrôle ». L’oiseau n’est pas relâché de suite et va subir les mêmes opérations que les oiseaux bagués pour la première fois. C’est justement la comparaison de ces différentes mesures qui, croisées, permettra d’en apprendre davantage sur la biologie de ces oiseaux puisqu’on peut ainsi suivre leur évolution sur un temps relativement long. Les bagueurs disposent du listing des sessions précédentes et savent tout de suite l’historique de l’oiseau contrôlé, les dates et endroits précis de ses captures, les mesures effectuées….

Sans en faire la liste exhaustive, les différentes mesures comprennent : la mesure du bec, la recherche d’éventuelles plaques incubatrices qui indiqueraient une reproduction en cours et le sexe pour les espèces sans dimorphisme sexuel, la masse, l’adiposité, la mue… Les ailes sont l’objet de toutes les attentions. Elles sont mesurées et examinées avec attention, notamment les rémiges qui peuvent donner une indication sur l’âge ou le sexe.

Baguage de l’oiseau Pesée Observation des ailes Observation des ailes

Toutes ces opérations se déroulent sous l’oeil vigilant de Sylvain Uriot, bagueur assermenté du CRBPO (et accessoirement président du GEPOG) qui contrôle les résultats des mesures effectuées par les aspirants bagueurs.
Enfin, une fois toutes les mesures effectuées, on relâche l’oiseau après parfois une petite séance rapide chez le photographe. Comme beaucoup des espèces capturées sont peu connues, il peut être intéressant de photographier certains détails comme les ailes ou la queue.

Toutes ces opérations se font évidemment dans la joie et la bonne humeur... et en moins de dix minutes !

Merci à Patrick Ingremeau pour le prêt de ses photos.